Colloque Compas - « école 2.0 ? »
Posted on juillet 11th, 2007 in Colloques | No Comments »
Le 4 juillet dernier s’est tenu à l’Ecole normale supérieure le premier colloque du groupe Compas. L’intégralité des interventions est disponible en vidéos, toutes téléchargeables depuis la page consacrée au colloque sur le site Diffusion des savoirs de l’ENS.
Après une rapide présentation du groupe par Thierry de Vulpillières et Daniel Andler, le colloque a accueilli Alain Chaptal, qui a fait un état des lieux critique de l’usage des TICE en France et ailleurs.
Sciences cognitives et TICE

Daniel Andler et Anne Christophe, respectivement philosophe des sciences et psycholinguiste, ont ensuite tenté une synthèse des apports réels et envisageables des sciences cognitives à la question de l’utilité pédagogique des TICE.
Nouveaux paradigmes pédagogiques et philosophie de l’éducation
Richard-Emmanuel Eastes et Marc Kirsch sont intervenus dans une session consacrée aux paradigmes pédagogiques.
Richard-Emmanuel Eastes a exposé plusieurs de ces paradigmes et il a mis en regard les outils TICE qui leur correspondent. Il a ensuite proposé un modèle pédagogique constructiviste (le modèle allostérique) et s’est demandé comment les TICE pouvaient être adaptées à la pratique intelligente de cette pédagogie.
Marc Kirsch a proposé de comprendre les changements dont nous sommes aujourd’hui témoins à la lumière des évolutions passées, le tout à travers une analyse des différents courants philosophiques ayant portés les pédagogues.
Des communautés d’apprenants
La troisième session réunissait des chercheurs impliqués dans une réflexion sur les communautés d’apprenants.
Gabriel Ruget a exposé un modèle permettant de comprendre comment apparier des profils d’apprenants. David Wilgenbus s’est appuyé sur son expérience de webmaster du site de La main à la pâte pour montrer quel usage réel y était fait du web, et en quoi il pouvait être dit “communautaire”.
Livio Riboli-Sasco et Julien Capelle, tous deux biologistes, ont ensuite montré l’intérêt qu’il y avait à aborder les communautés d’apprenants dans une perspective évolutionniste, puis mentionné les communautés virtuelles d’aujourd’hui (notamment Second Life), pour insister sur le fait qu’elles offrent un terrain privilégié d’étude de cette perspective originale sur l’apprentissage.
Education informelle
La dernière session de la journée était consacrée à l’éducation informelle, à la manière dont les TICE y prenaient part et à la façon dont l’école pouvait en tirer parti.

Edith Ackermann nous a décrit les habitudes digitales du nouvel apprenant. Nicolas Gaume a insisté sur la part que prenait le jeu vidéo dans ces nouvelles habitudes et l’intérêt pédagogique que l’on y trouvait. Elisabeth Caillet a conclu en montrant que les muséologues avaient développé toute une expertise dans ce domaine de l’intégration des TIC à l’éducation informelle, soulignant les ponts qui pouvent être fait entre cette expérience et la pratique des enseignants.
Table ronde de clôture : la réaction des enseignants
La journée s’est achevée sur une table ronde réunissant Caroline D’Atabekian (Weblettres), Serge Pouts-Lajus (Projetice) et François Jarraud (Le Café Pédagogique).

Caroline D’Atabekian a exprimé sa déception quant au décalage entre le programme annoncé et la réalité des interventions, signalant qu’il y avait certainement un malentendu sur la représentation que chercheurs et enseignants se font des TICE, les uns s’intéressant à la manière dont les logiciels permettent d’interagir avec des processus d’apprentissage, les autres étant plutôt confronté à l’intégration des TICE dans leur pratique pédagogique.
François Jarraud a indiqué que, pour lui, l’enseignement relevait plus du jeu que de la science, et que l’école était d’abord un lieu d’utopie. Il a ensuite souligné le statut paradoxal de la communauté scolaire, son identité en constante évolution, et son interaction de plus en plus diversifiée avec de larges communauté (comme celle du Café Pédagogique) et des communautés disciplinaires (comme celle des Clionautes).
Serge Pouts-Lajus a rebondi sur cette question des communautés pour réagir au modèle biologique présenté par Livio et Julien, en indiquant que ce modèle - qui suppose l’individu égoïste - ne fonctionne pas très bien pour expliquer le fonctionnement réel des communautés d’enseignants. L’expérience montre que c’est plutôt l’altruisme qui est ici la norme, l’égoïsme étant dès lors ce qu’il faut expliquer plutôt que ce qui explique.
A suivre…
Il serait trop long de vous faire ici un résumé de l’ensemble des questions et des réactions, mais elles nourriront les prochains événements du groupe Compas et vous pouvez dès à présent revivre l’intégralité de cette journée sur le site de Diffusion des savoirs.






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