Handicap, école, technologie.
Posté par Elena le 05/05 2008 dans Non classé |
Premièrement, parce que la technologie met à disposition des nouveaux dispositifs de prothèse comme de thérapie [http://www.handicap.org/pages/PlateformeNouvellesTechnologies/default.asp].
Deuxièmement, parce que la technologie rencontre les pratiques du design dans la conception d’espaces et d’objets de vie adaptés à différentes capacités et besoins.
Les principes du bon design « facile à utiliser » et adapté aux capacités des utilisateurs ont été énoncés par Donald Norman pour le design en général [Norman, D. (2002), The design of everyday things, Basic Books], mais le concept est d’autant plus important dans le cas des handicaps moteurs, perceptifs ou cognitifs, et des technologies pour la vie de tous les jours :
« The fact that technical devices must be adapted to the individual, and not the other way round, is particularly obvious where people with disabilities are concerned. They are not able to compensate for the deficiencies of the technology (the way other people often can) and thereby achieve a functioning system despite the lack of functionality. In other words, the interaction between the technology and the disabled person makes it necessary to tackle the design of technical devices so that they will be usable to everyone – not just 18-30 year old male technology freaks…In such cases, there is always an environment to consider and there are people around the user who can influence how well the human/machine system will work. In addition, to a high degree the user himself defines what is to be done. The focus is on the user and his/her needs, wishes, and dreams.” [Rehabilitation Engineering and Design Research - Theory and Method, Bodil Jönsson and Peter Anderberg, CERTEC, - Department of Design Sciences, Lund University’sFaculty of Engineering, Lund , Sweden ].
Ce cas de figure inclue les technologies pour l’éducation, et notamment les ordinateurs avec des logiciels spécialement adaptés pour élèves avec déficits moteurs ou perceptifs. Dans l’esprit de Eduscol (le Site pédagogique de l’Education nationale : http://eduscol.education.fr/default.htm?sommairedesthemes), les outils informatiques devraient être présents à niveau transversal dans la vie des enfants handicappés, à l’école comme à la maison, pour améliorer leur autonomie. Et voici une liste de fonctions que les ordinateurs et des logiciels spécialement conçus peuvent jouer dans les apprentissages de jeunes élèves avec handicap [http://eduscol.education.fr/D0054/pedagogie.htm]:
- fonction supplétive, comme dans le cas de claviers Braille ou de logiciels pour commande vocale
- fonction tutorielle, comme dans le cas de logiciels qui permettent de faire, répéter et évaluer des exercices de différents genres
- fonction augmentative, comme dans le cas de la classique calculette, qui augment nos capacités de calcul
- fonction procédurale, comme dans le cas de logiciels de simulation, ou de réalité virtuelle, où l’apprentissage concerne la capacité de résoudre un problème ou de créer ou d’explorer, plus que d’acquérir des informations
- fonction communicationnelle, comme dans le cas des blogs ou de internet en général.
Il est intéressant de remarquer que toutes ces fonctions (à part celle supplétive) ne sont pas spécifiques des logiciels pour sujets handicappés, mais qu’elles constituent les valeurs adjointes de tout outil pédagogique informatique. Tout simplement, l’outil informatique et technologique plus en général permet une grande flexibilité et adaptabilité à des besoins différents de la part de l’utilisateur.
La question est donc : faut-il concevoir des outils spécialement dédiés aux enfants handicappés, ou plutôt réaliser des outils de plus en plus flexibles et capables de prendre en compte différentes manières et possibilités d’utilisation ?
Ce n’est pas qu’une question de design, mais aussi une question d’intégration et socialisation, car l’introduction de technologies « spéciales » ne devrait pas avoir pour effet secondaire de rendre les enfants handicappés encore plus spéciales et de les isoler ultérieurement des autres. Plus en général, l’introduction de nouvelles technologies à l’école ne devrait pas créer de nouvelles barrières d’utilisation.
Un exemple pratique vient du projet EU MICOLE (http://micole.cs.uta.fi/):
« The MICOLE project is aimed at developing a system that supports collaboration, data exploration, communication and creativity of visually impaired and sighted children. In addition to the immediate value as an assistive tool the system will have societal implications through improved inclusion of the visually disabled in education, work, and society in general. While the main activity is the construction of the system, several other supporting activities are needed; the most important being empirical research of collaborative and cross-modal haptic interfaces for blind and visually impaired children.”
Une deuxième question à propos des nouvelles technologies pour réduire les handicaps concerne les utilisateurs. Ceux-ci ne sont pas nécessairement limités aux élèves.
Les nouvelles technologies pour réalité virtuelle permettent à quiconque de faire des simulations de tout genre : pourquoi ne pas créer des logiciels pour simuler la manière de percevoir le monde d’un enfant handicappé, pour mieux se mettre dans sa peau, et mieux s’adapter à son profil ? ou, même pour mieux concevoir les espaces et les objets qu’il devra utiliser à l’école comme à la maison ?
Les rôle des nouvelles technologies dans la réduction du handicap n’est ni escompté ni limité aux prothèses….
Elena Pasquinelli



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One Response
Tout simplement merci pour cet article!
Cordialement,
Mya
ps: j’ai écrit récemment un commentaire à propos du thème “Passage aux NTCI” mais a priori n’ayant pas vu cet article avant, je constate que peut-être ma question là bas est désuète! ?